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Mettre fin aux saisies pression inutiles qui visent les personnes

insolvables

I

Etre insolvable ne signifie pas être à l’abri de toute

poursuite. Si les revenus d’une personne surendettée,

poursuivie par ses créanciers, ne peuvent être saisis

au-delà d’une certaine quotité, même les ménages les

plus pauvres disposent de quelques biens mobiliers

qui peuvent faire l’objet d’une saisie mobilière.

Les personnes insolvables sont donc

confrontées à des saisies mobilières

« pression », dont le but est de les forcer à

proposer un plan de paiement, alors même

que leurs revenus sont inférieurs au seuil

de pauvreté et leur mobilier d’une valeur

dérisoire.

La pression est telle que certaines personnes

préfèrent négliger le paiement de leur loyer ou de

leurs factures d’énergie pour pouvoir verser des

acomptes périodiques dont le montant ne couvrira

même pas les frais exposés par l’huissier.

Dans une telle situation, d’un point de vue

économique toute l’opération se révèle inutile (sauf

pour l’huissier). Ni le créancier (qui doit avancer les

frais d’huissier et de vente – sauf à s’inscrire dans la

pratique du « no cure no pay » -voir plus haut point

A.VI

), ni le débiteur (qui voit sa dette augmenter

encore plus) n’en tirent le moindre profit.

En principe, le code judiciaire prévoit que lorsque

les biens saisissables du débiteur sont d'une valeur

manifestement insuffisante pour couvrir les frais

de la procédure, l’huissier doit rédiger

un PV de

carence

(article 1390 CJ) mais cette pratique est

très peu répandue.

Et pour cause : on peut comprendre que le créancier

qui a pris l’initiative de la procédure ne se montre

guère enthousiaste à l’idée de supporter les frais d’un

acte, qui pourrait être particulièrement éclairant pour

les autres créanciers, mais qui ne lui rapporte rien

puisque le constat de carence gèle de facto, toutes les

poursuites.

RECOMMANDATIONS

1. Imposer l’obligation

, sous peine de nullité,

de rédiger un PV de carence

lorsque la valeur

des biens est manifestement insuffisante pour

couvrir les frais d’une vente ;

2.

Si l’huissier ne rédige pas de PV de carence :

Imposer l’obligation d’indiquer

, sous peine

de nullité, dans tout PV de saisie

la valeur

approximative des objets saisis

et la mention

selon laquelle l’huissier instrumentant estime

que celle-ci est suffisante pour couvrir les frais

d’exécution ;

3. Diminuer le coût du PV de carence

;

4.

Lorsque la vente des biens saisis ne permet

manifestement pas d’apurer les frais de la saisie

mobilière,

faire supporter les coûts

de celle-ci

par l’huissier

, sans préjudice de dommages et

intérêts.

5. Organiser un recours simple et gratuit

devant le juge des saisies

pour sanctionner

l’absence de PV de carence lorsqu’il s’imposait

compte tenu de la situation du débiteur.