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Sur le terrain, les médiateurs de dettes et les

associations d’aide aux personnes surendettées

constatent que les personnes en difficultés sont

particulièrement vulnérables et font de plus en plus

souvent appel au crédit à la consommation pour faire

face à leurs besoins vitaux ou pour payer des factures

en retard, créant une situation d'endettement

permanent.

Avec la précarisation des revenus et du marché de

l’emploi, les sirènes du crédit facile se font de plus en

plus séduisantes pour faire croire que la baisse des

revenus peut être compensée par le crédit. Certains

organismes de crédit peu scrupuleux surfent même

sur la vague de la morosité ambiante pour présenter

des formules de crédit et de regroupement de crédit

comme solution miracle pour boucler les fins de mois

difficiles.

A cela s’ajoutent des pratiques commerciales qui

sont particulièrement inquiétantes et qui banalisent

à outrance le recours au crédit : démarchage par

téléphone, par courrier, par mail, sur internet, avec

parfois des cadeaux et promesses à la clé. Le moins

que l'on puisse dire est que l'octroi d'un crédit dans

de telles conditions est contraire à l'esprit de la

législation, qui impose, de manière stricte, au prêteur

un devoir de conseil et d'information…

Plus grave encore, on constate, sur le terrain, que de

nombreux crédits sont octroyéspardesprofessionnels

du crédit sans aucune analyse préalable de la

solvabilité du consommateur.

Pourtant, la loi belge est très claire : Le professionnel

doit aider le consommateur, le conseiller

et choisir

le type de contrat et le montant le mieux

adapté compte tenu de la situation financière

du consommateur et du but du crédit.

Le prêteur ne peut conclure un contrat de crédit que

s’il ressort des informations qu’il est tenu de récolter,

que le consommateur sera à même de respecter les

obligations du contrat. En clair, s’il n’existe aucun

crédit adapté, le prêteur a le devoir de s’abstenir.

Ces mesures ont encore été renforcées ces

dernières années afin d’augmenter la protection du

consommateur et de diminuer les crédits accordés

à des personnes qui n’ont pas la capacité financière

Lutter contre le crédit facile

D

d’en assumer le remboursement.

Ainsi, depuis 2015

1

, le prêteur a l’obligation, pour

octroyer un crédit de plus de 500 euros, de soumettre

un questionnaire qui « a au moins trait au but

du crédit, aux revenus, aux personnes à charge,

aux engagements financiers en cours comprenant

entre autres le nombre et le montant débiteur des

crédits en cours » (art. VII.69). Depuis fin 2016 et

début 2017, le prêteur doit, également, supporter

la charge de la preuve du respect de ses obligations

en créant un dossier de crédit

2

. En outre, une règle

générale de conduite impose désormais au prêteur

d’agir de manière honnête, équitable, transparente

et professionnelle

3

et l’évaluation de la solvabilité

du consommateur doit se faire de manière

« rigoureuse »

4

.

Pourtant,

dans la pratique

, de nombreux prêteurs

et/ou intermédiaires de crédit se limitent à la

consultation (obligatoire) de la Centrale des crédits

aux particuliers et à une série de questions standards.

Le crédit est alors accordé de manière quasi

automatique

par un système d’octroi de points

en fonction des réponses données (c’est la méthode

dite du "credit scoring"). Il n’y a

aucune analyse

approfondie du budget et des charges du

demandeur.

1

Loi du 19 avril 2014, entrée en vigueur le 1er avril 2015,

contenant également d’autres mesures :

- de refuser un crédit en cas de fichage négatif pour un

montant de plus de 1000 euros.

- de motiver sa décision d’octroyer un crédit en cas de

fichage négatif pour un montant inférieur à 1000 euros.

2

Article VII.133 §1er entré en vigueur le 01/12/2016

3

Art. VII.70 entré en vigueur le 01/12/2016

4

Art. VII.77 entré en vigueur le 01/12/2016