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Assouplir les procédures de recouvrement mises en place par Vivaqua

V

Nous sommes préoccupés par les méthodes mises

en œuvre par Vivaqua (Hydrobru) dans le cadre du

recouvrement de ses créances impayées.

Un ménage qui ne peut pas payer sa facture peut

demander à Vivaqua (Hydrobru) de lui accorder un

plan de paiement. Parfois le ménage fera appel à un

service social ou à un service de médiation de dettes

pour l’aider dans cette démarche. L’octroi d’un plan

de paiement devrait ainsi permettre aux ménages en

difficultés de bénéficier d’un délai supplémentaire

avant la mise en œuvre de la procédure de coupure

prévue à l’article 5 de l’Ordonnance réglementant la

fourniture d'eau alimentaire distribuée par réseau en

Région bruxelloise du 8 septembre 1994.

Malheureusement, jusqu’il y a peu, Vivaqua imposait

aux usagers de rembourser leur dette avant l’émission

de la facture suivante. Pour les usagers les plus

vulnérables ou en cas de consommation/facturation

anormale (liée à une fuite par exemple), cette exigence

était tout simplement impossible à respecter. Il leur

était souvent impossible de proposer un apurement

de leur dette dans le délai imposé de 4 à 6 mois sans

mettre à mal le paiement d’autres charges liées à la

dignité humaine (loyer, gaz, électricité, nourriture,

soins de santé).

Par ailleurs, une fois la procédure de coupure entamée

et la mise en demeure envoyée à l’usager, plus aucun

plan de paiement n’était accordé, plus aucune

négociation n’était possible (hormis le paiement de

la totalité de la dette) … Si un plan de paiement était

envisagé, il devait obligatoirement être demandé au

juge de paix.

Ces pratiques sont contraires à la ratio legis de

l’article 5 de l’Ordonnance précitée dont l’objectif

était selon les travaux préparatoires

1

de

«permettre

aux Cpas d’intervenir préventivement afin d’offrir

aux usagers en difficultés une aide ou une assistance

avant que la société distributrice n'este en justice »

;

Elles ont des conséquences dramatiques pour les

consommateurs les plus démunis puisqu’elles ont

pour effet de mettre à leur charge des frais de justice

qui dépassent largement le montant de la créance

originaire.

En outre, elles ont également pour effet d’alourdir

1

A-314/2-93/94.

les sommes remboursées via le fonds Social « Eau »

puisque les interventions financières des CPAS (pour

éviter une coupure ou rétablir l’eau) doivent de plus

en plus souvent inclure ces frais judiciaires.

Ce fonds financé par l’ensemble des bruxellois n’a

certainement pas vocation à supporter de telles

sommes supplémentaires.

Par ailleurs, lorsqu’ils ne sont pas remboursés, ces

frais de justice restent à charge de Vivaqua et finissent

également par se répercuter sur le coût de l’eau.

Nous nous réjouissons donc d’apprendre que certains

assouplissements sont actuellement en discussion

avec les Cpas mais de nombreuses questions restent

encore en suspens à ce jour.

Nous sommes convaincus que lutter contre la

précarité hydrique nécessite la mise en place de

plusieurs mesures, parfois sur le long-terme. Nous ne

soulevons dans ce mémorandum qu’un élément de

cette problématique complexe. Mais, dès aujourd’hui,

nous soulignons l’importance et l’urgence d’assouplir

la procédure de recouvrement et de réfléchir à une

politique préventive afin d’éviter au maximum

un alourdissement de la dette et les situations de

privation d’un besoin élémentaire qu’est l’accès à

l’eau.

Nous pensons qu’il est important que les usagers

puissent obtenir des plans de paiement raisonnables

avant d’être mis en demeure et sans devoir passer

obligatoirement par un Cpas. En outre, il est

important aussi de penser aux nombreuses asbl qui

interviennent également sur le terrain à Bruxelles

pour aider et accompagner les personnes en précarité.