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Accroitre les moyens financiers des services de médiation de dettes

I

Les services de médiation de dettes sont

submergés par les demandes.

Cette situation n’est pas nouvelle. Les services tiraient

déjà la sonnette d’alarme dans le 9ème rapport sur

l’étatde lapauvretéenRBCparuen2004.Aujourd’hui,

la situation économique a encore accentué cet état de

fait.

Les délais d’attente s’allongent et de plus

en plus de services ne sont parfois même plus

enmesure de prendre de nouvelles demandes

pendant plusieurs mois !

Plus un service de médiation de dettes peut agir

rapidement, plus grande seront sa marge de

manœuvre et les possibilités d’aider la personne

surendettée à améliorer sa situation.

Les délais d’attente actuels dans les services de

médiation de dettes bruxellois ne permettent pas à

une personne en demande d’aide d’obtenir dans un

délai raisonnable le soutien qu’elle espère trouver.

Cette situation conduit également certains services

de médiation de dettes à conditionner leur accès à

des catégories précises de la population. Cela a pour

conséquence de marginaliser certaines personnes et

de les soustraire du bénéfice du travail de médiation

de dettes. Certes, elles pourront parfois avoir accès

à d’autres services mais cela accroit davantage les

demandes auprès de ces services déjà submergés

mais acceptant les cas refusés ailleurs.

Qualité versus quantité

Les situations des familles surendettées sont,

en général, extrêmement complexes lorsqu’elles

viennent frapper à la porte des services de médiation

de dettes.

Le traitement des dossiers de surendettement

mobilise une charge de travail importante. Il

exige un accompagnement social et un suivi à long

terme, voire à très long terme, pour permettre aux

personnes de sortir réellement de leur situation de

surendettement. Les tâches administratives sont très

lourdes et absorbent une très grande partie du temps

de travail au détriment même parfois de la rencontre

avec la personne et de l'analyse de fond des dossiers

(vérification des créances, aspects juridiques,

économiques, ...).

Par ailleurs, le traitement des dossiers requiert

une technicité (des connaissances juridiques,

économiques pointues entre autres) dans le chef du

médiateur, qu’il lui faut acquérir et maintenir.

Ces exigences, gages de qualité, sont incompressibles.

Les médiateurs bruxellois ont tenté vaille que vaille

de répondre à la pression croissante du public. Mais

il faut admettre qu’à force de vouloir satisfaire le

plus de monde possible, c’est

in fine

l’ensemble des

usagers qui en pâtit. La quantité tue la qualité.

Nous nous réjouissons des moyens financiers qui

viennent d’être dégagés en région bruxelloise mais,

de toute évidence,

les moyens mis en œuvre

sont encore bien insuffisants pour couvrir

l’ensemble des besoins enmédiation de dettes

de la population bruxelloise.

Il est pourtant essentiel que les services puissent être

en mesure d’accueillir rapidement et efficacement les

personnes en situation de surendettement.

Il est également important de leur permettre

de mettre en place des dispositifs préventifs qui

touchent les personnes avant que leur situation ne

soit complètement obérée.

En outre, nous pensons qu’il faut aussi veiller à ce

que des services de médiation de dettes puissent

continuer à se développer au sein de services sociaux

de l’associatif qui touchent un public différent de

celui des CPAS.