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Les compétences du pouvoir judiciaire de plus en plus réduites

V

Le souci constant de réduire l’arriéré judiciaire,

de décharger les Cours et Tribunaux et de réaliser

des économies dans le secteur de la justice conduit

à l’instauration de procédures administratives ou

simplifiées de délivrance de titres exécutoires qui

font souvent fi du respect du contradictoire et qui

réduisent le rôle du juge à un contrôle tout à fait

marginal.

Ainsi ces dernières années,

on ne compte plus le

nombre de « nouveaux titres exécutoires »

qui

ont fait leur apparition dans notre arsenal législatif,

titresobtenus au termedeprocédures souvent

unilatérales ou peu soucieuses des droits de

la défense

.

Parmi ces titres exécutoires « exprès », on citera :

-

L’injonction de payer ;

-

L’injonction européenne de payer ;

-

Le procès-verbal de non contestation

délivré en vertu des articles 1394/20 et suivants du

code judiciaire ;

-

L’ordre de paiement visé à l’article

65/1 de la loi 16 mars 1968 relative à la police de la

circulation routière ;

-

Les

contraintes

non

fiscales

que peuvent se délivrer nombres d’autorités

administratives.

Ces titres exécutoires qui s’obtiennent au terme de

procédures rapides, souvent unilatérales (sauf à faire

valoir ses contestations dans un délai très court) ont

des conséquences dramatiques pour les publics les

plus précarisés, qui bien souvent ne sont pas aptes à

réagir dans les délais impartis.

Ainsi par exemple, certaines communes recouvrent

les redevances « horodateurs » via le mécanisme de

la contrainte non fiscale. En cas de non-paiement

du ticket horodateur, après l’envoi d’une mise en

demeure par lettre recommandée, le Receveur de la

commune peut délivrer une contrainte (à l’instar de

ce qui se fait en matière de taxe). Cette contrainte

est signifiée par exploit d’huissier au redevable qui

peut introduire un recours dans le mois devant le

juge. A ce stade, les frais de recouvrement ont déjà

considérablement augmenté puisqu’au montant de

la redevance se sont ajoutés les frais de rappel, de

mise en demeure et de signification de la contrainte

(environ 200€).

Une fois leur titre exécutoire en main, les créanciers

peuvent diligenter des procédures d’exécution forcée

qui conduisent les débiteurs les plus fragilisés vers la

spirale du surendettement.

De manière générale, nous pensons qu’il est

important de veiller au respect du contradictoire

et des droits de la défense dans la politique de

lutte contre les impayés.

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