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Un durcissement des procédures de recouvrement au sein des

institutions privées et publiques (tant au niveau fédéral que régional et

local)

IV

Nous constatons de plus en plus sur le terrain

que les créanciers (qu’ils soient publics ou

privés) mettent en place des procédures

standardisées de recouvrement de leurs

créances qui imposent le remboursement de

la dette dans un délai déterminé quelle que

soit la situation financière du ménage.

Nous déplorons

ces mesures

qui

pénalisent et

aggravent encore la situation des ménages les

plus fragiles

qui ne sont pas en capacité de proposer

des plans de paiement conformes aux exigences du

créancier.

En outre, ces procédures rigides

privent de facto

les services de médiation de dettes de leur

utilité

puisqu’aucun crédit n’est accordé à leur

analyse budgétaire ou à leurs propositions de

remboursement.

Pourtant, d’un point de vue social et économique,

une médiation de dettes amiable efficace s’avère très

utile, notamment comme alternative peu onéreuse

au règlement collectif de dettes.

Exemple : Le SPF Finances

Jusqu’à

très

récemment,

la

règle

que

suivait l’administration fiscale en matière

d’échelonnement des paiements était de refuser

tout plan d’apurement qui s’étendait au-delà d’un

délai d’un an à compter de la naissance de la dette,

et ce quelle que soit la situation du débiteur. Le

débiteur était invité, en cas de refus, à introduire

un règlement collectif de dettes, l’Administration

considérant alors que les difficultés du débiteur

étaient structurelles et non provisoires.

Depuis peu, le SPF Finances a mis en place une

procédure qui permet au débiteur, à certaines

conditions, de bénéficier d’un plan de paiement

d’une durée supérieure à un an sans cependant

pouvoir dépasser 5 ans.

Cette mesure est positive et répond à un appel des

services de médiation de dettes. Néanmoins, la

procédure est perfectible. En effet, son caractère

standardisé impose de rentrer dans des cases et de

ne pas en sortir. Une personne apte, compte tenu de

son budget, à rembourser sa dette en 6 ans et non

en 5 n’aura pas accès au règlement administratif

de dettes. Elle sera à nouveau orientée vers le

règlement collectif de dettes. Or, cette procédure

en justice a un coût important pour la société. Un

plan de paiement avec l’administration fiscale,

même sur une longue période, a bien souvent plus

d’intérêt pour toutes les parties.

Par ailleurs, le règlement administratif ne peut

être sollicité qu’après avoir essuyé un refus de la

part de l’administration fiscale pour un plan de

paiement « classique ». Il faut donc avoir sollicité

un plan de paiement (en sachant pertinemment

bien qu’il ne sera pas accordé vu qu’il s’étendra sur

une période supérieure à un an), avant de pouvoir

demander à bénéficier du règlement administratif.

Cette formalité préalable nous apparait dénuée de

sens et alourdit inutilement la procédure.

RECOMMANDATION

De manière générale, nous appelons de nos

vœux une réflexion plus profonde sur la prise

en compte de la pauvreté dans les mécanismes

généraux de recouvrement afin de trouver un

équilibre entre les droits des créanciers et ceux

des débiteurs les plus fragiles en garantissant à

ces derniers de pouvoir mener une vie conforme

à la dignité humaine.