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« De plus en plus de précarité, de moins en moins

de disponible pour rembourser les dettes ou payer

les factures avec la difficulté de faire reconnaitre

l’insolvabilité des ménages aux créanciers ; Des

budgets en déséquilibre total résultant de revenus

trop faibles pour faire face aux dépenses de base ;

… »

En ce qui concerne le surendettement, bien loin du

stéréotype de la personne surendettée qui gère mal

son budget, dépense sans compter, consomme à

outrance, use et abuse du crédit,

onconstatedepuis

plusieurs années une nette progression

de l’endettement lié aux charges de la vie

courante (soins de santé, énergie, taxes, etc).

Aujourd’hui, l’insolvabilité structurelle, c’est-

à-dire l’incapacité de faire face à ses besoins

de base, est l’une des causes principales du

surendettement dans les trois régions du

pays.

Ce constat est, par ailleurs, corroboré au niveau

national par les statistiques de la Banque Nationale

qui indiquent que près de 30%des personnes qui font

appel à la procédure en règlement collectif de dettes

n’ont aucune dette de crédit

1

. Leur endettement est

donc lié à d’autres types de dettes.

Cette situation n’est pas nouvelle, l’analyse des

données statistiques récoltées en 2006

2

par notre

association avait déjà permis de constater qu’un quart

des ménages suivis par les services de médiation de

dettes bruxellois n’avaient pas de revenus suffisants

pour faire face à leurs dépenses courantes de base

(logement, chauffage, nourriture, hygiène, soins,

frais scolaires).

Que ce soit dans les secteurs de la santé ou du

social, les constats des acteurs de terrain à Bruxelles

sont unanimes et mettent en avant la situation

socioéconomique dégradée de leur public :

« La

paupérisation d’une partie de la population

bruxelloise s’accroît, avec pour conséquences des

inégalités sociales quotidiennement constatées et

1

Rapport Statistiques 2017 de la Centrale des crédits

aux particuliers, page 14 téléchargeable sur le site de la Banque

Nationale de Belgique :

www.nbb.be

2

Rapport statistique sur le surendettement des ménages

à Bruxelles, 2006, Centre d’Appui médiation de dettes (anc.

Grepa) téléchargeable sur le site

www.mediationdedettes.be

L’insolvabilité structurelle liée à une insuffisance des ressources est l’une

des causes principales du surendettement

des modes d’existence plus proches de la survie que

de la vie ordinaire ».

3

Diverses études attestent du fait que les postes du

budget consacrés au loyer, aux dépenses d’énergie

et aux biens de première nécessité représentent la

plus grande part du budget des ménages pauvres à

Bruxelles. L’augmentation des prix qui touche depuis

plusieurs années ces biens et ces services affecte donc

d’abord et surtout les ménages à revenus modestes

ou faibles.

Une étude réalisée en 2006, indiquait déjà que les

ménages bruxellois les plus pauvres consacraient

jusqu’à 64% de leurs ressources pour pouvoir se

loger

4

5

.

Ainsi de nombreux ménages bruxellois se trouvent

actuellement dans une situation de très grande

précarité socio-économique. Pour beaucoup, la

petite marge de manœuvre qui leur restait après le

paiement de ces charges vitales n’existe plus

6

.

3

Rapport intersectoriel 2018 – Centre Bruxellois de

Coordination Sociale. Ce rapport s’appuie sur une lecture trans-

versale des rapports sectoriels 2017 des fédérations de la santé

et du social suivantes : FdSS, FSB, FEDITO BXL, FMM, LBFSM,

CAMD, FLCPF, FBSP.

http://www.cbcs.be/IMG/pdf/rapport_intersecto-

riel20132018_pdf_interactifa4.pdf?1959/583fddc20f8b-

34525d4a76c8cc8509ade3e88723

4

En 2006, 54% des locataires bruxellois (qui sont

majoritaires à Bruxelles) déboursaient, pour pouvoir se loger,

une somme équivalente à au moins 41% de l’ensemble de leurs

gains. Les 10% des ménages les plus pauvres consacrant

jusqu’à 64% de leurs ressources pour pouvoir se loger :

Loyers :

Comment sortir de l’impasse ? N. Bernard in Les échos du loge-

ment 03/2006 n°1 (pp. 1-13)

5

Le marché du logement à Bruxelles connaît actuelle-

ment une situation d’une gravité telle qu’il est devenu extrême-

ment malaisé, même pour un ménage disposant de ressources

modérées, de trouver une habitation en bon état, adaptée

et accessible financièrement : SITUATION DU LOGEMENT

à BRUXELLES : Vers une ville duale ?

Nicolas BERNARD,

Professeur aux Facultés universitaires de Saint-Louis, page 18,

05-10-2007

http://www.iewonline.be/IMG/pdf/Texte_Nico-

las_Bernard.pdf

6

« Les pertes de pouvoir d’achat des ménages en bas

de l’échelle des revenus depuis 2004 peuvent monter jusqu’à

400 € sur une base annuelle. Pour des ménages précaires, c’est

ce qui restait peut-être comme petite marge de manœuvre qui

a totalement disparu » :

Indice des prix, indexation et pouvoir

d’achat des ménages à petits revenus, Philippe Defeyt, Institut

pour un développement durable, CSCE numéros 60-61, no-

vembre/mars 2008

www.asbl-csce.be

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