Rassemblement de Solidarité aux personnes sans chez-soi
Présentation
Pour une ville de Liège solidaire et hospitalière
Récemment, une pétion venue d’habitant·es des coteaux circule exigeant l’expulsion et le démantelement des campements des personnes sans chez soi qui habitent actuellement ces mêmes coteaux au nom d’un risque d’incendie. Nous, organisations, collectifs et associations qui défendont le droit fondamental d’avoir accès à un logement, nous opposons fermement au contenu de cette pétition et nous appelons à un rassemblement de solidarité le 7 septembre devant le conseil communal à 18h. Dans ce texte, nous tenons à revenir sur deux éléments. Le premier concerne la situation actuelle du secteur de l’hébergement d’urgence, des maisons de nuits, du logements social et du marché privé. Le deuxième concerne la réponse sécuritaire exigée dans cette pétition.
Une revendication hypocrite, naive ou inconsciente ?
Dans cette pétion adressée à la ville de Liège, les auteurices demandent à Willy Demeyer « Qu’il procure à ces personnes en détresse des terrains ou bâtiments où tout risque d’incendie sera écarté, avec des sanitaires (toilettes sèches abritées par exemple) ainsi qu’une gestion saine des déchets. Que tout cela s’accompagne d’un suivi médical et psychologique sérieux pour celles et ceux qui en ont besoin ». Si on peut trouver cette revendication louable, il est assez clair qu’elle est déconnectée des réalités concrètes de terrain. Un petit récapitulatif s’impose : plus de 100 000 personnes attendent un logement social en Wallonie, les prix des loyers ne cessent d’augmenter, les abris de nuits sont saturés et ferment les uns après les autres faute de subsisdes, les salles de consomation (aussi appelée salle de shoot) sont fermées, les services sociaux débordés, etc. Cette revendication est un voeu pieu. Depuis plusieurs années une plateforme regroupant des collectifs portent d’ailleurs des revendications similaires lors du housing action day Liège. L’une d’elle est d’ailleurs « la fin de la criminalisation des personnes sans chez soi ». Et c’est ici que le bas blesse. Exiger de la ville plus de social, plus de logement, plus d’accompagnement, nous nous joindrons avec détermination à vos combats. Mais si c’est pour justifier la répression, nous serons en travers de votre route.
Une écologie stigmatisante et répressive
Cette pétion met avant tout l’accent sur la répression, l’expulsion et le démantelement des campements ainsi qu’à l’harcelement policier et la répression des personnes qui n’ont nulle part où aller. Quatre des cinq revendications y sont consacrées. De plus, la pétition est parcourue d’un florilège de termes et de phrases stigmatisantes : « toxicomanes », « sdf », ou encore « leurs misérables conditions de vie – malpropres, dangereux, et par endroits, hostiles ». Toute dignité, voix, ou pouvoir d’action leur est dénié. Au nom de l’environnement, on veut chasser les personnes marginalisées. On voit se reproduire ici les discours fascisants qu’on retrouvait déjà à Calais, il y a quelques années « les campements sont dangereux, polluants, salles, envoyons la police ». La police n’a qu’à chasser, harceler et exclure les indésirables, toujours plus loin des regards et des espaces d’entraide. Alors qu’iels sont déjà l’objet d’une intense répression dans le centre de la ville ou à la gare des guillemins, des collectifs de citoyens semblent vouloir également les exclures des parcs et des forêts ? Pourtant les espaces verts sont aussi des lieux refuges pour les personnes sans chez-soi plus vivable que le béton des rues et le fracas des routes.
Pour une réponse collective et solidaire
Chasser la misère ne la fera jamais disparaitre et une réponse répressive ne fera que rajouter de la violence. Nous appelons toute personnes ou collectif qui se revendique de la justice sociale et environnementale à se joindre à nous le 7 septembre devant le conseil communal et à s’organiser collectivement et solidairement pour construire un monde habitable pour toustes