Voilà qui est clair !  “Visites à Domiciles”

Voilà qui est clair ! “Visites à Domiciles”

Voilà qui est clair !

“Si nous devions informer nos usagers quant aux horaires de nos visites, les bénéficiaires pourraient être présents à notre venue, sans pour autant résider à l’adresse communiquée. La visite à domicile n’aurait donc plus aucun intérêt.”

C’est ce qu’écrit une AS à un de nos militants pour justifier un refus d’aide après 3 visites à domiciles à l’improviste infructueuses et notre contestation de cette décision.

Or, la plupart des CPAS, dont celui-là, exigent une copie du bail, la fourniture des extraits de compte bancaires, vérifient le paiement du loyer et des charges, vérifient la domiciliation, ont accès à toutes les informations de la BCSS (Banque Carrefour) dont la composition de ménage, etc etc

Quelques rares CPAS remettent en question cette pratique des “visites surprise”. D’autres, au contraire, persistent à les justifier, voire sont en train de les généraliser.

“Ce serait trop facile”, avait déclaré une autre AS dans un autre CPAS, à propos du fait de prévenir du jour de sa visite.

C’est une sorte d’assignation à résidence, une pression terrible exercée sur de nombreux usagers, un manque de respect total, un outil d’exclusion des droits, finalement

Les textes légaux ont beau dire que ” elle (la visite à domicile) est un des éléments primordiaux permettant de déterminer l’étendue du besoin d’aide. Elle doit permettre au CPAS d’avoir une image globale de la situation du demandeur, de confronter ses déclarations à la réalité afin de déterminer l’aide la plus appropriée à accorder pour faire face aux besoins “, on sait malheureusement que c’est du pipeau…

Le genre de connerie dont on se passerait bien !

Le genre de connerie dont on se passerait bien !

Un bénéficiaire du RIS doit être inscrit comme demandeur d’emploi (merci Maggie De Block), sauf raison de santé ou d’équité

Déjà, exiger dès l’introduction de la demande de RIS par un SDF qu’il s’inscrive au Forem, c’est plutôt loufoque.

C’est pourtant très fréquent : cette exigence se trouve souvent sur l’accusé de réception de la demande de RIS qui indique les documents à fournir

Mais exiger d’un SDF radié du registre de la population qu’il s’inscrive comme demandeur d’emploi, alors que c’est rigoureusement impossible (le Forem ne peut pas le faire)

Trois allers-retours vers le Forem jusqu’à ce qu’un employé accepte enfin (mais je comprends qu’il ne l’ait pas fait les deux fois précédentes !) de délivrer une attestation à destination du CPAS, confirmant qu’il ne peut pas inscrire la personne comme demandeur d’emploi

Refus d’octroi du RIS par le CPAS vu non inscription comme demandeur d’emploi

Introduction d’une nouvelle demande sur base de l’attestation du Forem selon laquelle l’inscription comme DE ne peut pas se faire

Deux mois de courreries, de stress, de non accès à un revenu de survie

Sois SDF et reste-le ?

C’est ce qui se serait passé s’il n’avait pas été accompagné dans toutes ces péripéties par Benoit un travailleur social.

A présent, nous allons essayer que le CPAS accorde le RIS à la date de la première demande

Et on voudrait que nous ne soyons pas fâchés ?

Explosion ” du nombre de bénéficiaires du RIS

Explosion ” du nombre de bénéficiaires du RIS

On nous le répète à longueur d’année

Certes, le nombre de bénéficiaires du RIS est en constante augmentation

Qui pourrait s’en étonner ?

Ce n’est que la conséquence de l’augmentation de la pauvreté créée par les mesures politiques prises par les gouvernements successifs :

limitation dans le temps des allocations d’insertion ; conditions d’accès restrictives aux allocations d’insertion (âge, niveau d’études); sanctions et exclusions infligées aux chômeurs; dégressivité des allocations de chômage; fin de droit aux indemnités de mutuelle (rebaptisée trajet d’insertion) ; …

Ce n’est que la conséquence, aussi, de l’augmentation du chômage et de l’appauvrissement généralisé d’une partie importante de la population dues aux politiques patronales (précarisation de l’emploi, recours au travail intérimaire, contrats précaires, travail non déclaré à la sécurité sociale par les employeurs…)

“Explosion du nombre de bénéficiaires” : un terme pour faire peur ? pour faire passer la pilule des restrictions ?

Je le pense, oui, que ça a cette fonction-là !

Que tout est fait pour tenter que ce discours justifie, légitime, y compris aux yeux des principaux concernés eux-mêmes, les atteintes aux droits les plus élémentaires

Perso, je suis intimement convaincue qu’il y a, au contraire du discours dominant, “explosion” du nombre de personnes qui n’ont pas accès à leurs droits, pour de nombreuses raisons

Le jour où ce ne serait plus le cas, peut-être pourrions nous alors parler d’ “explosion du nombre de bénéficiaires ” ?

Une “explosion” qui ne ferait toutefois encore que limiter
quelque peu les dégâts des inégalités et de la pauvreté

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